• PROJET TARN-COMPOST de VEOLIA = DANGER

    PROJET TARN-COMPOST de VEOLIA = DANGER

       A seulement 25 km à l’est d’Albi (81) entre Villefranche d’Albigeois et Alban, sur le territoire de la commune de Paulinet, très exactement au lieu dit « Le Burg », un arrêté du Préfet daté du 5 février 2013 déclare ouverte, du 5 mars au 4 avril 2013, une « consultation d’enquête publique »  concernant la demande d’autorisation d’installation d’une « plate-forme de compostage Tarn-compost ». Quoi de plus innocent et inoffensif qu’un compost ? Allons y voir de plus près … sachant qu’un maillage de ce type se met progressivement en place dans toutes les régions de France. « Tarn-compost » deviendra donc progressivement « France-compost ».


    AVIS OFFICIEL.

    Quels sont les éléments sur lesquels nous allons nous appuyer pour cet article ? Sur « l’Avis du Préfet de la Région Midi Pyrénées, autorité administrative de l’Etat, compétente en matière d’environnement, sur le dossier de demande d’autorisation au titre des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE)» Il s’agit de la « Demande d’autorisation d’exploiter une installation de compostage. « Plate-forme de compostage Tarn-Compost » située sur la commune de Paulinet (81) déposée par SEDE Environnement ». Il faut savoir que cette société n’est qu’une filiale de la multinationale VEOLIA dont les activités sont très contestées, notamment dans le domaine de la gestion de l’eau. En date du 25 janvier 2013, la « Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement » (DREAL), un service de Préfet de Région, livre son avis. (Réf : SR-81-AME-520 CJ- ae Paulinet SEEN Avis.)

    CONTENU DU COMPOST ?

    « Du compostage, j’en fais dans mon jardin, c’est bien pour le potager et si c’est en gros avec des déchets-verts, qui sinon sont brulés, c’est mieux pour l’environnement. Vendu en sacs dans les jardineries, ça valorise les déchets organiques …» Voilà ce que diront le citoyen et la citoyenne lambda, pleins de bon-sens. Sauf que … accepteriez vous d’inclure dans votre compost familial, puis sur votre potager et vos plate bandes, «des choses»aussi étranges que des «boues issues de stations d’épurations des eaux urbaines»; des «boues de papeteries industrielles» avec leurs chimies ; des «boues issues de déchets d’industries alimentaires» a conservateurs intégrés ; des «effluents d’élevages» issues de porcheries industrielles ; des «ordures ménagères fermentescibles»; des «matières stercoraires» (prenez votre dico sans trembler) ; des «sous-produits d’animaux» comme des carcasses de bêtes crevées et des boyaux percés putréfies : «des sciures » de bois industriels traités ; des «denrées végétales déclassés» (blés fermentés ?) des «rebus de fabrication de denrées alimentaires végétales» bien imprécises ; le tout mélanger avec quelques «déchets verts» tout aussi vagues, mais bien utiles pour noyer le poisson dans le compostage et donner ainsi une couleur verte et «durable» (ce qui ne veut rien dire) nécessaire au «greenwasching» des déchets.

    LES EPANDAGES ?
    Au final, à quoi servira ce délicieux compost ? A des épandages sur les terres agricoles de la région, qui finiront d’être ainsi polluées pour les décennies à venir … Mais rassurons- nous, les productions issues de ces terres serons commercialisées dans la même région, dans votre supermarché le plus proche, sous forme de label «Produits de pays», en nous faisant même le coup de la «traçabilité». Et pour quelles quantités de compost ?

    QUE REVÈLE L’ETUDE D’IMPACT ?

    Une broutille : 37 000 tonnes par an pour commencer, dont 20 000 tonnes de «boues industrielles» de compost «valorisables en agriculture», elles aussi. Du déchet de déchets, quoi … Et tout ça avec quelques libertés au titre du «plan d’épandage», comme cette «production de compost non normé de 20 % de la production totale», c’est-à-dire la possibilité d’épandre le plus empoisonné à hauteur de 20 % du mélange final. Pauvre Tarn agricole. Mais ce n’est pas tout, le «traitement des effluents» (le poison liquide qui suinte des tas) se fera, lui aussi, dans le cadre d’un plan d’épandage particulier, «avec suivi qualitatif des eaux du bassin de rétention qui seront épandues.» sur les terres agricoles de la commune de Paulinet.

    (Les phrases entre parenthèses en sont issues).

    LES EAUX ? LES RIVIÈRES ? LES CAMIONS ?

    Pas de soucis le site à été choisit parce qu’il «ne se trouve pas à l’intérieur du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux » (S.A.G.E) et qu’aucun « contrat de rivière n’existe pour les ruisseaux a proximité». Les rejets directs dans le milieu naturel ? Pas de soucis, «grâce à la gestion des eaux pluviales», qui ne tomberont pas directement sur les composts en train de murir. Pourtant «l’analyse de l’Autorité Environnementale», (DREAL) dit quand à elle que «l’étude d’impact présente un état initial assez sommaire concernant l’hydrologie superficielle», les enjeux n’étant «pas par ailleurs clairement identifiés». De même «10 000 m3 d’eau par an sont nécessaires au procédé». Il est dit aussi que l’étude d’impact ne prouve pas que les besoins «peuvent être satisfaits en termes de ressources communales et intercommunales». Bref, l’eau risque de manquer …et de voir son prix augmenter, rendant l’irrigation des cultures trop onéreuse pour continuer. Ce point mériterait « d’être étudié sérieusement dans le projet. » Pas d’étude sérieuse sur les eaux, c’est l’Autorité Environnementale qui l’affirme. Cela risque de devenir grave à terme car «l’étude d’impact indique l’existence d’un projet de captage AEP au niveau de la retenue de Rasisse» qui est «destinée à l’alimentation d’une population de 41400 habitants, et qu’aucune étude n’existe» sur la qualité des eaux de la retenue «en cas de disfonctionnement ou d’accident».

    On vous vole l’eau puis on vous pollue. Mais restons discrets, surtout que le rapport déplore aussi que l’étude d’impact «mentionne l’existence d’un plan d’épandage», une maladresse qui risque, en effet, d’alerter les populations tant agricoles que citadines. «De même, les impacts et mesures liés à la phase des travaux (…) n’apparaissent pas», mais aussi les norias de poids lourds nécessaires à l’approvisionnement du site en fonctionnement durant des années.

    Environ 25 allers-retours de camions de 15 tonnes chaque jour ouvrable, c'est-à-dire 1 passage toutes les 20 minutes en 8 heures de travail journalier. A noter 20000 Tonnes de boues/an le relevé page d du document de la DREAL le divise par 365 soit 54.8T/j et 17000 de déchets verts soit 46.6T/j soit 101.4T/jour. En jours ouvrés sur l’année soit 252 jours nous obtenons les chiffres suivant : 79.3T/jour de boue et 67.4Tonnes / jour soit un total de 146.7Tonnes /jour !

    Quand au contexte géologique, «l’état initial apparaît assez succinct et ne met pas en évidence les éventuelles contraintes et enjeux conditionnant les choix techniques du projet. » Le rapport de l’Autorité Environnementale (DREAL) dit aussi que «l’étude ne fait pas mention des sites NATURA 2000 existants et de leurs distances vis-à-vis du projet». (Vallée du Tarn, de l’Aveyron, du Viaur, de l’Agout et du Gijou et Vallée du Tarn de Brousse jusqu’aux gorges. «L’étude ne fait pas apparaître précisément le fonctionnement géologique de la zone d’étude »(…) «Ces informations auraient mérités d’être approfondies». Tout cela est dit avec délicatesse alors qu’il s’agit tout simplement de dissimulations et retentions d’informations aux citoyens et aux pouvoir publics. Qui plus est, le site générera LUI- MEME, pas son fonctionnement, plus de 16 tonnes de déchets très polluant, évacués vers des Centres de Stockage de Déchets Ultimes par des sociétés spécialisées, dont les
    dangereux « biofiltres » en fin de course.

    LES TERRAINS ?
    Pas de soucis non plus, car le secteur est classé en « zone d’activité » sur la carte communale, puisqu’il est situé sur l’emplacement de l’ancienne mine de fluorine arrêtée en 2006. Donc, pas de précautions exagérées à prendre… Le projet couvre une surface totale de 27105 m2. «L’activité consiste en la production annuelle d’environ 8900 tonnes de compost à partir de 17000 m3 de déchets verts broyés (sous produits ligneux)». En clair, les rogatons de scieries. Et aussi «20000 m3 de refus de criblage» ( ?) et « 20000 m3 de boue urbaines et industrielles.»(…) «Le procédé de compostage est celui de la fermentation accélérée par aération forcée, sous bâtiment fermé avec traitement de l’air ambiant par biofiltres. »

    Ajoutez une énorme cuve à fioul (faut chauffer le compost), un parking, des aires de stockages des matières et des matériaux et des bâtiments annexes … Des emplois ? Oh, oui, bien sûr. Quatre ! (houa !)

    LA SANTE DES POPULATIONS ?

    Le rapport parle de nuisances sonores et olfactives, de la qualité de l’air, des risques sanitaires « considérés comme acceptables pour la population concernée ». Oui, « acceptable », les experts sont formels ? Non, pas vraiment car, lisez bien ceci : « Enfin, le dossier mentionne qu’aucun registre des cancers n’est recensé dans la zone d’étude. Hors, le département du Tarn possède un registre des cancers dont la consultation aurait permis d’apporter des données intéressantes vis-à-vis du calcul des INDICES DE RISQUE PAR DES EFFETS SANS SEUIL » En clair, les « effets sans seuil » c’est attraper un cancer sans même avoir été exposer très longtemps aux retombées « considérées comme acceptables pour la population concernée ». Manque de chance, il existe un « registre des cancers » dans le Tarn, un maitre-étalon en quelque sorte, pouvant servir à des comparaisons entre AVANT et APRES. En prime (de risque) l’étude précise bien qu’en « cas de cessation d’activité imprévue » il n’y aura pas de démentiellement total. Merci aux générations futures pour leurs engagements indispensables, mais contraints. Quand au « résumé technique » de l’étude, l’Autorité Environnementale en question (DREAL) le juge « clair et lisible pour un public
    non averti ». « Non averti », l’expression est ironique … ou cynique. Ces documents sont à disposition des lecteurs et lectrices :

    Documents "Avis du prefet région 0313"

    Ouverture de l'enquète publique

    LES VOISINS IMMEDIATS ?

    L’impact sur l’environnement humain et les activités de proximité n’est pas mentionné, ni même étudié, alors même qu’elles se situent à 500 mètres de l’implantation du projet. La Bourrelié est un hameau très actif, occupé en partie par la Ferme Pédagogique « AU FER A CHEVAL », qui accueille 4000 enfants par an dans le cadre scolaire et extrascolaire (classes de découvertes, centre de loisirs, éducation spécialisée, centre de vacances, crèches, etc. …) des adultes handicapés et des particuliers, avec une labellisation « Gîte de France ».

    Ce centre est soumis à une autorisation d’exercice sous le contrôle des autorités compétentes, d’ailleurs alertées. L’impact négatif sur les activités économiques locales, de nature touristiques et sociales, risque d’être très grave et irréversible, avec des suppressions d’emplois supérieures aux « quatre » crées par le compostage industriel. Cette Ferme Pédagogique « Au fer à cheval » à vocation d’éducation à l’environnement et est la « seule accueillant du public en internat » justement repérée ainsi par la chambre d’Agriculture du Tarn. De plus, elle vient de favoriser l’installation d’un jeune maraicher en agriculture biologique labellisé NATURE ET PROGRES, tout en favorisant les commerçants d’Alban et de Paulinet qui profitent légitimement des retombés économiques de la Ferme Pédagogique.

    L’IMPACT SUR LA BIO-DIVERSITE ?

    La Commune de Paulinet est classée « Zone Sensible Agout » et les affluents de l’Oulas sont classés en Réservoirs Biologiques. (Reproduction ou habitat des espèces de phytoplanctons, de macrophytes et phytobenthos, de faune benthique invertébrée ou d’ichtyofaune). L’Oulas présente donc des enjeux très forts en matière de fonctionnalités des milieux aquatiques et patrimoniaux, le dit projet est susceptible de remettre en question les objectifs d’atteinte de « bon état écologique » fixés par l’Europe sur l’Oulas (code ME FR FR 385). De plus, le ruisseau de Ferrier, qui serait canalisé sous buses, voit se réimplanter la truite … Le site est venteux et les particules s’envoleraient facilement vers le plateau d’Alban, et de là … Le Refuge LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), implanté sur la Ferme Pédagogique depuis plus de 10 ans à permis de sédentariser des espèces protégées (buses variables, mésanges huppées), sans oublier l’Espace Naturel Sensible (ENS) « Vallée de l’Oulas » et la ZNIEFF, qui explique l’élevage de papillons et la présence des orchidées sauvages, des arbres centenaires et des cervidés. De plus, l’absence d’atteinte aux objectifs des sites NATURA 2000 doit être une certitude absolue, comme le confirme la Cour de Justice de l’Union Européenne , sous peine de voir l’autorité compétente refuser l’autorisation du projet … qui se verrait mieux installer dans une zone désertique plus appropriée en termes de risque sur l’habitat et l’environnement…

    Un projet à long terme ?

    La SEDE, digne fille de VEOLIA est là pour durer et durera. Ce projet d’implantation s’inscrit dans la durée avec les effets nocifs inhérents à ce genre d’activité. Les monts d’Alban, terre d’élevage vient approvisionner par ses produits de l’agriculture le bassin albigeois mais également ses nombreuses sources alimentent le Dadou, l’Oulas, l’Assou et l’Ambias. L’eau tend à devenir une richesse et il n’est pas improbable de la penser non renouvelable. Ne faudrait-il pas d’ores et déjà renforcer les mesures de protection et interdire purement et simplement en aval l’implantation de sites industriels dans les contrées non contaminées ?

    RÉSUMÉ (provisoire)

    Le « Résumé de l’avis » déclare aussi, en complément de la cata si subtilement annoncée, que « le projet s’implantant sur des terres déjà anthropisés…» (c’est-à-dire peuplées d’indigènes de type homo-sapiens-sapiens) « … les risques résiduels sont acceptables (…) bien que l’état initial (de l’étude d’impact) aurait mérité quelques approfondissements ». (Eau, milieu naturel). Tout en avouant qu’il « conviendra par ailleurs d’établir une évaluation des incidences NATURA 2000 à intégrer au dossier ». C’est là leur talon d’Achille et ils le savent. Ils en feront d’ailleurs un objet de négociation avec les opposants, lâchant là du lest sans perdre la face tout en préservant l’essentiel du projet…

    Mais, la sereine confiance quand à la passivité des populations est avouée de la manière suivante : « l’étude d’impact et les études associées jointent répondent ainsi globalement aux objectifs qui leurs sont assignés…» (garde à vous !) «... proportionnellement à la nature du projet ET AU CONTEXTE LOCAL. » Bref, personne ne devrait protester collectivement. On verra. On a vu en effet à GRAGNAGUE près de Toulouse le même projet être refusé par la population, avec succès. Actuellement, dans le département de L’Orne, les habitants de NONANT LE PIN viennent de déposer un recours devant le Conseil d’Etat pour un projet similaire. On comprend pourquoi les gens de Véolia préfèrent une population soumise. Manque de chance pour eux, les Tarnais et les Tarnaises sont fières de leur esprit de résistance.

    Encore une fois, l’Industrie de la « dépollution » -fille de l’Autre- veut pouvoir engendrer autant de pollutions qu’elle est censée en supprimer. Toujours au nom de ce sacré Profit …

    La rédaction du journal trimestriel tarnais l’Altermondialiste.
    http://laltermondialiste.revolublog.com

    NOTE :  Radio Albigès dans le cadre de son émission hebdomadaire la Marmite Infernale a reçu Sylvain CARREL qui a parlé des dangers que court la Ferme Pédagogique "AU FER A CHEVAL" à cause du projet de Veolia "Tarn compost" et de ses incidences plus générales sur le Tarn.

    Le podcast de l'émission :

    « ATTENTION ! Communiqué de la revue "L'Altermondialiste" !"Faites de la graine", 23 mars 2013, toute la journée, à Brens ! »

  • Commentaires

    1
    DURAND Colette
    Dimanche 10 Mars 2013 à 16:37
    J'ai écouté l'émission d'Albiges dans laquelle Sylvain CAREL et d'autres personnes nous ont expliqué ce qui se tramait à Paulinet...et plus largement dans notre région! Il me parait urgent d'agir et de faire savoir à tous les Tarnais le danger qu'ils encourent...Jusqu'à ce jour. Je n'avais jamais entendu parler de ce projet qui est pour moi un EMPOISONNEMENT de la nature et de notre population!!!
    2
    LAltermondialiste Profil de LAltermondialiste
    Lundi 11 Mars 2013 à 10:31

    On peut réécouter l'émission ici :

    TARN COMPOST... l'émission radio !

    Wil.

    3
    Moi
    Lundi 7 Août à 18:08

    Et ben les gars avant de dire autant d'ineptie il faudrait se renseigner un peu plus... Des plateforme comme celle-ci il en existe partout en France qui tourne très bien sans tout les pseudo désagrément que vous citez. Je suis d'accord qu'il ne faut pas faire tout et n'importe quoi mais avant d'avoir un discours aussi alarmiste renseignez vous sur les essais agronomique menés, le procédé de compostage ça évitera de raconter des conneries.

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